jeudi 17 février 2011

Des milliards sous le radar

Tiré de l'excellente série "Où vons vos impôts" de Mathieu Turbide (JdM):


Mais l’autre côté de l’équation, celui de la réduction des dépenses, est encore flou. Québec nous dit – et répète – qu’il fera 62 % de l’effort. Mais y a-t-il encore quelqu’un qui le croit sincèrement ? Pour justifier ce calcul, le ministre Bachand promet de LIMITER la croissance des dépenses DE PROGRAMMES à 2,2 %. Donc, il promet d’augmenter les dépenses moins rapidement que par les années passées. Et il appelle ça une «réduction de dépenses». C’est déjà tordu comme raisonnement, mais on l’a déjà amplement souligné.

Par contre, ce à quoi on s’est moins arrêté, c’est que le ministre Bachand parle toujours de limiter la croissance des dépenses de PROGRAMMES. Or, il n’y a qu’au Québec qu’existe cette notion de «dépenses de programmes». C’est en fait un sous-ensemble de dépenses réelles du gouvernement. Quand on parle des dépenses de programmes, on parle grosso modo des dépenses des ministères du gouvernement. Mais ça exclue totalement les dépenses d’une foule d’organismes et de fonds gouvernementaux qui sont, bien souvent, des extensions des ministères. Pensez à la SAAQ, à la Régie des installations olympiques, à Héma-Québec, à l’Agence d’efficacité énergétique, à la Régie du logement, etc. Pensez aussi au FORT (le Fonds des infrastructures routières et de transport) qui finance la construction de nos routes grâce notamment à une taxe sur l’essence. Toutes ces entités sont appelés des «entités autres que budgétaires» dans le jargon comptable du gouvernement. Et quand Raymond Bachand parle de réduire la croissance des dépenses à 2,2%, il ne tient pas compte des dépenses de tous ce beau monde.

Or, ces entités dépenseront cette année 26,8 milliards $, selon ce qu’a dit le Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, devant le comité parlementaire des finances, le 30 novembre dernier. Environ 17 milliards $ pour les organismes non-budgétaires et 9 milliards $ pour les fonds spéciaux.
Lecture complémentaire: "Des dépenses qui sortent du radar"

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