jeudi 17 février 2011

Loi 101: la solution libertarienne

Martin Masse du Québécois Libre sur la controverse initiée par les propos de Maxime Bernier sur la (non)pertinence de la loi 101:

Imaginez plutôt un Québec plus libre (y compris un système d'éducation libéralisé où l'on peut choisir la ou les langues d'enseignement), avec une fiscalité, une bureaucratie et un endettement beaucoup moins lourds, des entrepreneurs plus nombreux, une population mieux éduquée (y compris sur le plan de la maîtrise de l'anglais et des autres langues), bref, une économie plus dynamique à tous égards. Une société où l'on a confiance en soi et en sa capacité de concurrencer les autres. Une société où l'on est responsable et l'on se prend en main pour réaliser des choses au lieu de constamment se tourner vers l'État. Une société où l'on cherche à attirer les gens vers nous au lieu de leur donner le choix entre se conformer et aller voir ailleurs.

Le calcul de notre famille d'immigrants serait sûrement différent. L'anglais restera bien sûr toujours un important atout de plus, mais on aurait augmenté significativement l'attrait du français comme outil d'avancement personnel. Même sans obligation d'aller à l'école française, il est probable qu'un grand nombre d'immigrants choisiraient d'envoyer leurs enfants dans des écoles entièrement bilingues, ou dans des écoles offrant à tout le moins un enseignement beaucoup plus poussé de l'autre langue.

On aurait de plus éliminé le sentiment de rejet que plusieurs de nos concitoyens anglophones ressentent envers une langue qui leur est imposée alors que la leur est officiellement réprimée. Le français serait vu comme un atout incontournable dans une société dynamique, libre et tolérante, et non comme une relique qu'on tente de maintenir en vie de force dans une société en déclin.


Si, 35 ans après l'adoption de la Loi 101, on a encore l'impression que le français reste menacé de disparition au Québec, c'est peut-être parce qu'on s'y est pris de la mauvaise façon. La méthode du bâton brime les droits de tout le monde, francophones comme non-francophones. Elle n'est pas non plus efficace. C'est une méthode de barbares, celle d'une société irrémédiablement sur son déclin.

Nous avons le choix entre continuer à vivoter et à décliner avec cette méthode, ou en essayer une autre, celle de la carotte. Pour qu'elle fonctionne, il faudrait l'appliquer intégralement, non seulement en remettant en question la Loi 101, mais en rejetant globalement cet étatisme étouffant dans tous les domaines qui est la véritable cause du déclin du Québec. Cette méthode ne garantirait certes pas elle non plus à 100% la survie et l'épanouissement du français, mais elle ferait au moins de nous des gens plus libres, plus prospères et plus civilisés.

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